2011 – Naucelle


La visite des sites

Parti de Naucelle vers 14h, le car se dirigea vers Tauriac de Naucelle où la souche de notre président naquit il y a quelques siècles. Tout au long de la visite, Daniel commenta, avec humour parfois, toutes les informations jugées utiles pour s’imprégner de l’esprit de cette journée.


Tauriac de Naucelle

Nom d’origine latine venant du mot Taurius qui veut dire taureau. Ce village a connu un bel essor à la fin du 19°siècle que ce soit à travers son patrimoine ou sa transition démographique. Au niveau patrimonial, on découvre deux églises :

  • l’une, relativement récente, Saint-Martial, a été construite au début du 19ème siècle. Auparavant, ce village était le siège d’une commanderie de l’ordre de St Jean de Jérusalem ;
  • l’autre, dans le village voisin de Saint-Martial où l’on distingue un cœur roman.

Par ailleurs, la construction du viaduc du Viaur à la fin des années 1890 est venue enrichir ce patrimoine.
Sur le plan démographique, on dénombrait en 1876-1078 habitants. En 1999, soit 120 ans plus tard, la population a diminué des 2 tiers. On compte alors 354 âmes. Depuis cette date, le solde a progressé puisque 387 habitants sont désormais comptabilisés. Si Tauriac et Saint-Martial constituent les deux villages principaux, il est utile de préciser que ces deux paroisses furent tour à tour communes . En dernier lieu, Tauriac a pris en 1955 le leadership.


Les Viaducs du Viaur

La visite se poursuit. Le bus s’arrête, permettant d’apercevoir de part et d’autre les deux viaducs construits à 100 ans d’intervalle environ, enjambant tous les deux le Viaur et reliant la rive aveyronnaise à celle du Tarn.
Le viaduc- voie ferrée – est une œuvre inspirée par Gustave Eiffel. Elle est due à l’ingénieur albigeois BODIN. La 1ère pierre a été posée en 1895. Le viaduc a été inauguré en 1902 par un ministre aveyronnais du nom de MARUEJOULS. Pour ce qui concerne la construction proprement dite, rendue particulièrement difficile en raison du dénivelé, les matériaux ont été amenés à pied ou à dos d’âne. Le viaduc fait 460 mètres de long. La hauteur de la voie au-dessus du Viaur est de 41 mètres.
La construction de ce viaduc a permis à la ligne SNCF CARMAUX-RODEZ de fonctionner d’une part et, d’autre part au Ségala de recevoir la chaux indispensable pour enrichir les sols de cette terre ingrate. C’est ainsi que le Ségala prospéra.
Parallèlement au Viaduc – voie ferrée – a été bâti un Viaduc routier. Inauguré en 1993 par un ministre aveyronnais de l’agriculture, Jean Puech, il a été l’œuvre de la société Eiffage. Ce viaduc, qui est un point incontournable pour relier Albi et Toulouse, désenclavera totalement l’Aveyron, une fois la 2 fois 2 voies terminée.


La Cailholie

Pour rejoindre La Cailholie, le bus emprunte des petites routes sinueuses longeant en partie le Viaur jusqu’à CASTELPERS, puis remontant vers le plateau où l’on aperçoit les villages de RULHAC, d’ARDENNES où habitèrent jadis de nombreux CRANSAC. Durant ceparcours, on a pu admirer les sites de SAINT-JUST SUR VIAUR et de CASTELPERS où est érigé un très beau château. Par ailleurs, les belles demeures confirment dorénavant les progrès constatés dans cette région jadis sinistrée. Arrivé à LA CAILHOLIE, le bus effectua de nombreuses manœuvres afin de retrouver une route plus propice à la circulation. Ainsi put-on voir les habitants sortir de leur « tanière » afin de se rendre compte de visu de ces aléas. Que se passait-il donc à LA CAILHOLIE ? Ce petit village abritait une quinzaine de maisons en 1787. En 1450, 14 familles portaient le nom de CRANSAC, c’est la raison pour laquelle il est permis de penser que la véritable souche se situe ici dans la mesure où l’on n’a pas retrouvé autant d’actes ailleurs d’une part et, d’autre part, eu égard à l’implantation des CRANSAC dans les villages alentour.Appartenant à la commune d’AURIAC-LAGAST, canton de CASSAGNES-BEGHONES, ce village a fait l’objet de commentaires de spécialistes concernant son lien avec la commune et le canton. On pouvait lire à son sujet : LA CAILHOLIE, village le plus éloigné, à une grosse heure de l’église d’AURIAC par un chemin très pénible, une longue côte à descendre et une autre à monter, un ruisseau dangereux à passer sur une planche souvent impraticable ; mais à un petit quart d’heure de BEGON, chemin tout plénier et toujours praticable : l’union de ce village audit BEGON serait très facile et même souhaitable à tous égards.Ainsi, on peut légitimement penser que, compte tenu des distances et des moyens de locomotion de l’époque, la véritable origine de la souche se situe autour d’un rayon dont le centre pourrait être BEGON, village riche en histoire. (cf BEGON).

NB : Pour mémoire, les branches d’Arvieu et d’Ardennes ont été reliées à celle de LA CAILHOLIE.


Sauguières

Rien de particulier sur ce petit village dont la souche pourrait à court terme être reliée à celle de BEGON.
Branche de notre vice-président Jean-Claude, SAUGUIERES compte une famille portant notre nom. Elle est malheureusement en voie de disparition.


Bégon

Village très ancien, BEGON dont l’origine remonte à 931 après JC, fut chef lieu d’un pays Ministérium Beghoniense, le Béghones. Ce village est le seul nom d’origine allemande de cette région. En effet, tous les villages voisins sont d’origine celte ou latine.
En 1150, Guillaume Allaman, seigneur de BEGON, donne l’église et la ville au temple de LA SELVE qui permit à cette ville, jadis canton dans les années 1800, d’ouvrir une commanderie.
BEGON dispose d’une église Jean-Baptiste, remarquable en son genre, reconstruite au 15° siècle et restaurée depuis peu. Elle possède des fonds baptismaux autonomes, des vitraux singuliers et l’empreinte des peupliers et hospitaliers dont on relate aujourd’hui l’histoire dans le Sud Aveyron.
L’histoire s’est écrite ici au présent puisque des faits d’armes se sont déroulés pendant la deuxième guerre mondiale en 1944. C’est ainsi qu’une dizaine d’habitants furent alignés le long de la haie faisant face au cimetière, prêts à être fusillés. L’intervention de l’abbé VEZY, véritable personnage, a évité un massacre. Continuant sur leur lancée, les Allemands rencontrèrent au bas de la côte, au lieu-dit la Baraque de BEGON, le père et le grand-père de Daniel, et s’enquirent de la position des maquisards qu’ils recherchaient.
L’attitude de Pierre, le grand-père, fut tout aussi remarquable que celle du curé. Son intransigeance et sa prise de position envers l’ennemi furent prépondérantes. Ainsi les habitants de BEGON furent sauvés par l’action émérite de deux des leurs. Pour matérialiser ces actes de bravoure, le curé fit construire une vierge sur un socle près du cimetière. Dans le béton, deux bouteilles de bière vide contenant les noms des habitants alignés contre la haie, y sont ancrés.
Ces épisodes, relatés récemment par des historiens sur la foi des témoignages de villageois encore vivants, sont significatifs de l’engagement de l’époque. Pour mémoire, sur le chemin suivi par les Allemands, on trouve des traces de fusillades ( moulin de Clary près de Réquista, d’incendie : école de LA SELVE, etc…). Au-delà de cette histoire qui a failli être tragique, BEGON est désormais connu dans le monde entier. Le Tour de France y passe de temps en temps. En 2010, c’est à partir de la côte de BEGON, classée en 3ème catégorie, que le regretté Laurent FIGNON commenta la course à la télévision. Pour l’anecdote, il fit remarquer qu’à BEGON jaune ou à BEGON vert, il faisait bon respirer dans ce village ouvert aux quatre vents et où le panorama est
très remarquable.


Centrès

CENTRES est la dernière étape avant le retour vers Naucelle. L’origine de ce nom viendrait des archers venus en renfort à trois chevaliers français qui furent condamnés à mort pour trahison lors de la guerre de cent ans. Le conditionnel est mis car selon d’autres sources, le nom proviendrait du chiffre cent trois.
Sur le plan démographique, comme pratiquement dans tout l’Aveyron, CENTRES a été relativement peuplé au 19° siècle. De 1628 habitants en 1876, on dénombre 599 en 1999, soit deux tiers en moins .Le pic de la population s’explique par le fait qu’à cette époque la vallée produisait du verre de fougères.
Sur le plan culturel, on peut visiter le roc de Miramont où une grande activité existait au 12 et 13ème siècles. Très peuplé, CENTRES faisait partie de l’une des douze baronnies du Rouergue.
Aujourd’hui, sur l’impulsion de sa maire Nadine VERGNES (la deuxième rebelle de l’Aveyron), CENTRES tente d’évoluer dans ce Ségala chargé d’histoire.